montagne enneigée ciel nuageux

« Les fantômes de Bapalek » – une série à lire sur l’application « Rocambole » !

Après « Cinquante mines d’argent », retrouvez ma nouvelle série de Fantasy « Les fantômes de Bapalek » sur l’application Rocambole.

Rocambole est une application qui permet de lire des séries littéraires inédites et exclusives sur Smartphone. Le catalogue compte déjà plus de cinquante séries, dans tous les genres : science-fiction, polar, romance, historique, humour, non-fiction…

Pour cette nouvelle série, je vous propose de poser vos valises au Pouillot, une auberge située dans un hameau isolé en pleine montagne. Amnu, la petite mendiante, vous divertira de ses tours de magie. Méfiez-vous cependant de certains convives qui cachent de lourds secrets…

Le synopsis :

Amnu est une jeune mendiante qui survit misérablement en errant de ferme en ferme. Comme chaque année, elle compte bien profiter de quelques semaines de répit à l’auberge du Pouillot où elle distrait les voyageurs grâce à ses tours de Vieil-Art. Mais l’arrivée de deux mystérieux étrangers va ruiner tous ses plans et bouleverser son existence.

Abonnez-vous à Rocambole pour lire « Cinquante mines d’argent » et beaucoup d’autres séries !

Un extrait des « Fantômes de Bapalek » :

« Au sommet d’une côte interminable, Amnu aperçut enfin les toits du hameau du Pont de Millie et le panache blanc des fumées de cheminée. Cette vision réveilla ses sens engourdis et lui redonna un peu d’énergie. Redoublant de prudence pour ne pas glisser dans la boue, elle rassembla ses dernières forces et poursuivit patiemment sa route.

Le hameau du Pont de Millie était situé à l’extrémité de la vallée, au pied du pic du Loup. Il comptait une trentaine d’habitations en pierre aux grosses tuiles rouges et aux volets de bois peints. Alors qu’Amnu atteignait la première maison à l’entrée du village, un chien de garde se jeta sur elle en aboyant. La surprise faillit lui faire lâcher son ballot. Retenu par sa chaîne, le molosse manqua de s’étrangler, mais n’en continua pas moins à grogner et à se débattre furieusement. Le cœur battant, Amnu accéléra le pas de peur qu’un villageois, alerté par le bruit, ne la prenne pour une maraudeuse. Tout en jetant des regards inquiets autour d’elle, elle se faufila à travers les ruelles désertes. Par prudence, elle fit un détour afin d’éviter un petit groupe d’hommes qui discutaient devant une fontaine. L’auberge du Pouillot se trouvait à la sortie du hameau, juste après le pont qui avait donné son nom au village et qui enjambait les eaux tumultueuses de la Rhue. C’était un bâtiment imposant, doté de larges fenêtres en ogive, qui s’élevait sur trois niveaux.

Le premier réflexe d’Amnu fut d’utiliser la porte de service, mais personne n’attendait sa venue, et elle craignait de se faire surprendre comme une voleuse dans les cuisines. Des éclats de voix s’échappaient de l’entrée principale. Amnu reconnut immédiatement le rire tonitruant de madame Maury, la patronne de l’auberge. Alors qu’elle se trouvait si près de son but, Amnu hésita soudain à rebrousser chemin. Même au bord de l’épuisement, son instinct lui soufflait de tourner les talons et de prendre ses jambes à son cou. La vie lui avait enseigné une unique leçon : les gens étaient mauvais par nature, et en mendiant leur aide, on s’exposait à toutes sortes de cruautés. Après quelques minutes de réflexion, la faim finit par trancher son débat intérieur. Le ventre noué par un mélange de peur et d’appréhension, Amnu s’approcha de l’entrée principale et osa un coup d’œil à l’intérieur.

Attablé dans la salle commune, le personnel de l’auberge dînait avant le service du soir. Madame Maury était assise à la place d’honneur. Cette grande femme robuste, à la langue acérée et au regard perçant, inspirait à Amnu une crainte viscérale. À la tête d’un commerce prospère, madame Maury ne manquait ni d’autorité ni d’assurance et gérait son négoce d’une main de fer. Elle était entourée par les deux femmes de chambre de l’auberge, Yvonne et Berthe, vêtues de robes modestes et de tabliers dont la propreté faisait la réputation de l’établissement. À leurs côtés, les deux filles de joie, Suzanne et Lucie, se prélassaient dans des tenues beaucoup plus provocantes. Il régnait autour de la table une ambiance joyeuse. Les cinq femmes s’interpellaient et plaisantaient sans retenue. Exclu de la conversation, le jeune André se chargeait du service. De lourds plateaux entre les bras, il enchaînait les allers-retours entre la salle commune et les cuisines où résonnaient des bruits de vaisselle. Louvois, le cuisinier, devait être en plein travail. Hypnotisée par les bols fumants, Amnu franchit le seuil de l’auberge sans s’en rendre compte. Le fumet de la soupe envahit ses narines et manqua de la faire s’évanouir. Elle sentait déjà la chaleur du bol entre ses doigts, le gras du bouillon sur sa langue, la divine surprise de vrais morceaux de viande qui fondaient sous les dents. Depuis des semaines, les ragoûts généreux de l’auberge du Pouillot hantaient chacune de ses pensées.

— Tiens donc ! s’écria soudain madame Maury. Regardez la drôle d’hirondelle que nous apporte le printemps !

Tirée de sa rêverie culinaire, Amnu sursauta et se redressa dans l’espoir de faire bonne impression. Le silence retomba dans la salle commune, et les visages se tournèrent dans sa direction. Amnu connaissait toutes les personnes installées autour de la table. L’année précédente, elle avait travaillé durant tout l’été à leurs côtés. Aucune d’entre elles ne semblait particulièrement heureuse de la revoir. Seule Suzanne, qui lui avait toujours témoigné de la bonté, posait sur elle un regard bienveillant.

— Qu’est-ce que tu fais là à nous épier comme un voleur ? railla madame Maury. Entre donc, que je te vois mieux !

La tête basse, Amnu s’exécuta. Ses jambes tremblaient, non plus à cause de la fatigue, mais de la peur. Intimidée, elle déposa son ballot sur le sol et se laissa examiner sous toutes les coutures. Elle devait se rendre à l’évidence : elle avait pris une décision, et il était trop tard pour reculer. »

Pour lire la suite, rendez-vous sur Rocambole !

Crédit photo : Sven Scheuermeier on Unsplash

Publié par Hélène Néra

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.