{"id":1634,"date":"2021-04-06T17:00:00","date_gmt":"2021-04-06T15:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/helenenera.com\/les-faunesses\/?p=1634"},"modified":"2021-09-27T16:24:39","modified_gmt":"2021-09-27T14:24:39","slug":"violet-trefusis-episode-11-la-chatelaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/violet-trefusis-episode-11-la-chatelaine\/","title":{"rendered":"Violet Trefusis \u2013 \u00c9pisode 11 \u2013 La ch\u00e2telaine"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La capitulation de l\u2019Allemagne en mai 1945 n\u2019entra\u00eene pas la r\u00e9ouverture imm\u00e9diate des fronti\u00e8res, et Violet ne peut se r\u00e9installer d\u00e9finitivement en France qu\u2019en octobre 1945. Pour patienter, elle participe \u00e0 des \u00e9missions litt\u00e9raires \u00e0 la BBC. Dans ses m\u00e9moires, elle affirme que ces \u00e9missions radio auraient eu un lien avec la R\u00e9sistance, mais d\u2019apr\u00e8s sa biographe, C\u00e9cile Wajsbrot, ce n\u2019est qu\u2019une \u00e9ni\u00e8me invention de Violet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En France, la vie est loin d\u2019\u00eatre revenue \u00e0 la normale&nbsp;: la nourriture manque, le rationnement est strict et le chauffage brille par son absence. La guerre a \u00e9puis\u00e9 les corps et les esprits. Pour certains, l\u2019\u00e9preuve a \u00e9t\u00e9 trop violente, trop atroce. Antoinette d\u2019Harcourt porte sur son visage les stigmates de l\u2019ann\u00e9e de d\u00e9tention qu\u2019elle a pass\u00e9e aux mains de la Gestapo. Elle mourra pr\u00e9matur\u00e9ment en 1958. Un monde a \u00e9t\u00e9 englouti par la Seconde Guerre mondiale. Alice Keppel \u2013 la grande dame \u00e9douardienne avec ses fourrures, ses domestiques et ses ch\u00e2teaux \u2013 incarne un pass\u00e9 qui semble d\u00e9sormais anachronique.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"523\" src=\"http:\/\/helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Bus_in_Paris_1950.jpg\" alt=\"Bus_in_Paris_1950\" class=\"wp-image-1644\" srcset=\"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Bus_in_Paris_1950.jpg 500w, https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Bus_in_Paris_1950-287x300.jpg 287w, https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/Bus_in_Paris_1950-20x20.jpg 20w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption>Porte de Clignancourt \u00e0 Paris, en 1950. \u00a9Sven Goliath<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Violet retrouve Saint-Loup qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 trop endommag\u00e9 par la guerre. L\u2019Ombrellino est \u00e9galement intacte, mais sa propri\u00e9taire est \u00e0 bout de forces. Atteinte d\u2019une scl\u00e9rose du foie, Alice meurt en septembre 1947. George ne lui survit que deux mois.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong><u>Une succession conflictuelle<\/u><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La perte de ses deux parents \u00e0 quelques semaines d\u2019intervalle est un choc pour Violet. Ses retrouvailles avec Vita ont permis d\u2019apaiser leur relation, mais Violet a \u00e9galement compris que leur histoire d\u2019amour appartenait d\u00e9finitivement au pass\u00e9. Sa pr\u00e9diction de 1920 est en passe de se r\u00e9aliser. Elle affirmait alors que Vita \u00e9tait son \u00ab\u2009seul lien solide et indestructible\u2009\u00bb avec la r\u00e9alit\u00e9 sans lequel elle vivrait de plus en plus dans son propre monde, jusqu\u2019\u00e0 s\u2019y retirer compl\u00e8tement. \u00c0 la mort d\u2019Alice, Violet perd la deuxi\u00e8me constante de son existence qui l\u2019ancrait dans le r\u00e9el. Les vingt-cinq derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie vont ressembler \u00e0 une longue d\u00e9rive.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Violet h\u00e9rite de l\u2019usufruit de l\u2019Ombrellino qui doit revenir \u00e0 Sonia et \u00e0 ses enfants \u00e0 sa mort. Le contenu de la villa, et notamment les meubles qui datent pour la plupart de Grosvenor Street, est vendu afin de constituer un fonds familial divis\u00e9 en plusieurs parts. Violet pr\u00e9f\u00e9rait garder l\u2019Ombrellino intact, tandis que Sonia exige que le moindre tapis, la moindre sculpture soit estim\u00e9e. Si Violet veut conserver quelque chose, elle n\u2019a qu\u2019\u00e0 le racheter. Les conflits entre les deux s\u0153urs caus\u00e9s par la succession d\u2019Alice ne sont pas sans liens avec de vieilles ranc\u0153urs et jalousies remontant \u00e0 l\u2019enfance ou \u00e0 la liaison de Violet avec Vita. Sonia est aujourd\u2019hui divorc\u00e9e. L\u2019\u00e9chec de son mariage a sans doute un go\u00fbt d\u2019amertume pour Violet qui fut autrefois somm\u00e9e de s\u2019effacer afin de prot\u00e9ger les pr\u00e9cieuses fian\u00e7ailles de Sonia avec Roland Cubitt.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Violet se retrouve dans une immense demeure vide. Il lui faudra dix ans pour reconstituer une d\u00e9coration qui ressemble le plus possible \u00e0 celle de sa m\u00e8re, quitte \u00e0 acheter des faux grossiers et des contrefa\u00e7ons auxquelles elle invente des histoires romanesques. \u00c0 l\u2019Ombrellino, Violet dort dans la chambre de sa m\u00e8re, sous le regard d\u2019un portrait d\u2019Alice accroch\u00e9 au mur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e9sormais totalement libre, Violet se r\u00eave en h\u00f4tesse influente comme Alice ou en m\u00e9c\u00e8ne comme Winnaretta, mais elle manque de stabilit\u00e9 \u00e9motionnelle. Elle ne poss\u00e8de pas l\u2019aisance d\u2019Alice, sa dignit\u00e9 rigide et son sens des convenances. Au fil des ans, elle s\u2019enferme dans un personnage qui tend de plus en plus vers le grotesque.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong><u>Un tourbillon de mondanit\u00e9s<\/u><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Violet partage son temps entre Saint-Loup, l\u2019Ombrellino et Paris o\u00f9 elle ach\u00e8te en 1958 un appartement rue du Cherche-Midi. Ses r\u00e9ceptions rassemblent des hommes politiques, des ambassadeurs, des aristocrates, des auteurices, des journalistes, de grands couturiers, des actrices, des chanteuses et des pique-assiettes. En 1950, Violet re\u00e7oit la L\u00e9gion d\u2019honneur dont elle est extr\u00eamement fi\u00e8re et qui la consacre en tant que femme de lettres. C\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque qu\u2019elle rencontre Fran\u00e7ois Mitterrand, avec qui elle noue une amiti\u00e9 un peu distante, mais durable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019image de ses invit\u00e9s, Violet se montre \u00e0 la fois cultiv\u00e9e et frivole. Avec ses amis, elle est envahissante, autoritaire et possessive, jusqu\u2019\u00e0 \u00e9prouver leur patience. Terrifi\u00e9e \u00e0 l\u2019id\u00e9e de vieillir, elle s\u2019observe sans rel\u00e2che, se fait lifter et se remaquille constamment d\u2019une main de moins en moins s\u00fbre. Charmeuse compulsive, ses affabulations deviennent toujours plus obsessionnelles, toujours plus fantasques et d\u00e9lirantes. Elle recommence \u00e0 manigancer toutes sortes de projets de mariage qui pourraient lui apporter un titre aristocratique ou un nom prestigieux. Violet semble \u00eatre \u00e0 la fois l\u2019autrice et l\u2019actrice principale d\u2019une satire des bals de d\u00e9butantes de sa jeunesse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Saint-Loup, un nouveau visage fait son apparition&nbsp;: Alice Amiot, qui fait pendant une vingtaine d\u2019ann\u00e9es office de gouvernante, de tr\u00e9sori\u00e8re, de confidente, d\u2019infirmi\u00e8re et de souffre-douleur. La relation de Violet et d\u2019Alice est orageuse, pleine de disputes et de r\u00e9conciliations. Violet tyrannise Alice qui meurt au milieu des ann\u00e9es&nbsp;1960, bien avant sa patronne.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong><u>Derni\u00e8res publications<\/u><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u2009Pirate at Play\u2009\u00bb est le dernier roman de Violet, publi\u00e9 en Angleterre en 1950. Il a pour cadre Florence, ultime refuge des survivants de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9douardienne d\u00e9sormais disparue depuis non pas une, mais deux guerres mondiales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1952, Violet publie \u00ab\u2009Don\u2019t Look Round\u2009\u00bb, ses m\u00e9moires dans lesquelles elle r\u00e9invente totalement sa vie. Elle n\u2019y livre rien de sinc\u00e8re au sujet d\u2019elle-m\u00eame, \u00e0 part peut-\u00eatre ses insomnies chroniques.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"299\" height=\"500\" src=\"http:\/\/helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/7382987-L.jpg\" alt=\"Dont-look-around\" class=\"wp-image-1638\" srcset=\"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/7382987-L.jpg 299w, https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/7382987-L-179x300.jpg 179w, https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/7382987-L-12x20.jpg 12w\" sizes=\"auto, (max-width: 299px) 100vw, 299px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1958, Sonia publie \u00e0 son tour son autobiographie&nbsp;: \u00ab\u2009Edwardian Daughter\u2009\u00bb. Sans \u00eatre indiscr\u00e8tes, ses m\u00e9moires sont bien plus honn\u00eates que celles de Violet qui n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 par exemple \u00e0 omettre la liaison de sa m\u00e8re avec \u00c9douard&nbsp;VII. Violet est outr\u00e9e de voir sa s\u0153ur ruiner tous ses efforts pour maquiller la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong><u>Vita<\/u><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vita visite Saint-Loup en mars 1948. Elle juge Violet solitaire et malheureuse et s\u2019inqui\u00e8te de sa sant\u00e9 mentale&nbsp;: \u00ab\u2009elle est plus qu\u2019un petit peu folle\u2009\u00bb, estime-t-elle. Sa relation avec son employ\u00e9e, Alice Amiot, sur qui elle hurle en permanence et qu\u2019elle r\u00e9veille \u00e0 n&rsquo;importe quelle heure de la nuit, lui semble d\u00e9lirante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Violet se montre cependant toujours aussi pr\u00e9venante avec Vita. Elle va la chercher \u00e0 la gare, ordonne \u00e0 son chauffeur de rouler doucement pour ne pas l\u2019effrayer et remplit sa chambre de fleurs de Florence. Violet aimerait lui l\u00e9guer Saint-Loup. Son r\u00eave d&rsquo;une vie commune avec Vita n\u2019a jamais pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9\u2009; il pourrait \u00eatre en partie compens\u00e9 par cet h\u00e9ritage. Vita est flatt\u00e9e, mais d\u00e9cline l\u2019offre, pr\u00e9textant que Saint-Loup devrait revenir aux neveux de Violet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019automne, Vita visite \u00e9galement l\u2019Ombrellino avec Harold. Elle est fascin\u00e9e par la vue&nbsp; \u2013 mais qui ne le serait pas\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Durant les ann\u00e9es&nbsp;1950, leur relation se fait \u00e0 nouveau plus distante. Vita et Violet ont \u00e9volu\u00e9 de fa\u00e7on tr\u00e8s diff\u00e9rente. Vita devient de plus en plus solitaire et supporte mal l\u2019attrait de Violet pour les mondanit\u00e9s. De plus, elle se m\u00e9fie de certaines personnes dans l\u2019entourage de Violet qui semblent chercher \u00e0 profiter d\u2019elle. De son c\u00f4t\u00e9, Violet lance quelques piques dans le dos de Vita. Lorsqu\u2019elle apprend qu\u2019Harold a \u00e9t\u00e9 anobli, elle s\u2019exclame perfidement&nbsp;: \u00ab\u2009pauvre ch\u00e9rie&#8230; Elle va devoir se faire appeler lady Nicolson, comme l\u2019\u00e9pouse du maire d\u2019une petite ville.\u2009\u00bb<sup><a href=\"#footnote_1_1634\" id=\"identifier_1_1634\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"&laquo;&thinsp;Violet Trefusis&nbsp;: a biography&thinsp;&raquo;, &eacute;crit par Philippe Jullian et John Phillips, &eacute;d. A. Harvest\/HBJ Books, 1976, p.128\">1<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"614\" height=\"800\" src=\"http:\/\/helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Vita-Sackville-West_1957.jpg\" alt=\"Vita-Sackville-West-1957\" class=\"wp-image-892\" srcset=\"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Vita-Sackville-West_1957.jpg 614w, https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Vita-Sackville-West_1957-230x300.jpg 230w, https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Vita-Sackville-West_1957-600x782.jpg 600w, https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Vita-Sackville-West_1957-15x20.jpg 15w\" sizes=\"auto, (max-width: 614px) 100vw, 614px\" \/><figcaption>Vita en 1957, photo de Walter Stoneman \u00a9 National Portrait Gallery, London (Licence <a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/3.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">CC BY-NC-ND 3.0<\/a>)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vita refuse de partir en vacances avec Violet ou m\u00eame de la retrouver \u00e0 Paris, jug\u00e9 trop bruyant. Elles se voient cependant lorsque Violet se rend en Angleterre. Et Vita prend soin d\u2019envoyer \u00e0 Violet des cartes postales lors de ses croisi\u00e8res ou une lettre amusante d\u00e9crivant la vie \u00e0 bord<sup><a href=\"#footnote_1_1634\" id=\"identifier_2_1634\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"&laquo;&thinsp;Violet Trefusis&nbsp;: a biography&thinsp;&raquo;, &eacute;crit par Philippe Jullian et John Phillips, &eacute;d. A. Harvest\/HBJ Books, 1976, p.128\">1<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Occasionnellement, les lettres de Vita t\u00e9moignent de la tendresse qu\u2019elles \u00e9prouvent l\u2019une pour l\u2019autre et de la force de leur attachement&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Ma ch\u00e9rie,<\/p><p>C\u2019\u00e9tait un vrai \u00e9v\u00e8nement dans ma vie et dans mon c\u0153ur d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 avec toi l\u2019autre jour. Nous comptons r\u00e9ellement l\u2019une pour l\u2019autre, n\u2019est-ce pas\u2009? Quelle que soit la fa\u00e7on dont nos chemins ont pu diverger. Je crois qu\u2019il existe quelque chose d\u2019indestructible entre nous, n\u2019est-ce pas\u2009? M\u00eame lorsque nous \u00e9tions dans les fauteuils de la biblioth\u00e8que de ton papa \u00e0 Grosvenor Street \u2013 et puis \u00e0 Duntreath Castle \u2013 et puis tout ce qui a suivi. <em>Glissons mortels<\/em>&#8230; mais quel lien, Lushka ch\u00e9rie\u2009; attach\u00e9 \u00e0 l\u2019enfance puis \u00e0 la passion, qu\u2019aucune de nous deux ne pourra jamais partager avec quelqu\u2019un d\u2019autre. Nous avons eu une relation tr\u00e8s \u00e9trange, toi et moi. Malheureuse \u00e0 certains moments, heureuse \u00e0 d\u2019autres\u2009; mais \u00e0 sa fa\u00e7on, unique, et infiniment pr\u00e9cieuse \u00e0 mes yeux et (puis-je le dire\u2009?) aux tiens. Ce que j\u2019aime \u00e0 son sujet c\u2019est que nous nous retrouvons toujours m\u00eame apr\u00e8s de longues s\u00e9parations. Le temps semble ne faire aucune diff\u00e9rence. Ceci est une sorte de lettre d\u2019amour, je suppose. C\u2019est \u00e9trange que je t\u2019\u00e9crive une lettre d\u2019amour apr\u00e8s toutes ces ann\u00e9es \u2013 alors que nous en avons tant \u00e9crit l\u2019une \u00e0 l\u2019autre. <em>Parce que c\u2019\u00e9tait lui, parce que c\u2019\u00e9tait moi<\/em> (&#8230;) Tu disais qu\u2019il durerait trois mois, mais notre amour a dur\u00e9 plus de quarante ans. Ton Mitya.<\/p><cite>\u00ab\u2009Violet Trefusis&nbsp;: a biography\u2009\u00bb, \u00e9crit par Philippe Jullian et John Phillips, \u00e9d. A. Harvest\/HBJ Books, 1976<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong><u>La mort de Vita<\/u><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Atteinte d\u2019un cancer, Vita meurt en juin 1962. Respectant ses volont\u00e9s, Harold renvoie \u00e0 Violet la bague du doge qu\u2019elle lui avait offerte soixante ans plus t\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Vita, Harold \u00e9crit quelques lettres affectueuses \u00e0 Violet qui contiennent plusieurs piques cruelles, peut-\u00eatre involontaires ou inconscientes \u2013 ou peut-\u00eatre pas.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Ma tr\u00e8s ch\u00e8re Violet,<\/p><p>Je pense que Vita aurait aim\u00e9 que tu aies un de ses livres en plus de la bague. Tu \u00e9tais sa meilleure et sa plus vieille amie et elle pensait souvent \u00e0 toi et admirait ton travail. Ces longues et profondes affections sont les meilleures au monde et je suis reconnaissant pour la longue affection d\u00e9vou\u00e9e et amus\u00e9e que tu lui as t\u00e9moign\u00e9e. Je suis heureux bien s\u00fbr qu\u2019elle ait eu une vie si heureuse et tu y as jou\u00e9 une grande part. (&#8230;) Je ne cesse de me r\u00e9p\u00e9ter que l\u2019on ne peut pas esp\u00e9rer profiter de cinquante ans de vie commune sans en payer le prix un jour ou l\u2019autre.<\/p><cite>\u00ab\u2009Violet Trefusis&nbsp;: a biography\u2009\u00bb, \u00e9crit par Philippe Jullian et John Phillips, \u00e9d. A. Harvest\/HBJ Books, 1976<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Violet, il ne s\u2019agissait pas d\u2019amiti\u00e9, mais d\u2019une longue histoire d\u2019amour. Malheureusement, elle n\u2019a pas eu le bonheur de profiter de la compagnie de Vita durant cinquante ans. Et le prix \u00e0 payer n\u2019en est pas moins grand.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong><u>La f\u00e9e Paum\u00e9e<\/u><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les dix derni\u00e8res ann\u00e9es de la vie de Violet ressemblent \u00e0 une longue descente aux enfers. En 1951, elle se fracture une premi\u00e8re fois la jambe en sortant d\u2019un ballet. Cette blessure mal gu\u00e9rie la fera constamment souffrir et l\u2019oblige \u00e0 marcher avec une canne. En 1963, elle se casse la jambe \u00e0 Saint-Loup, puis se fracture la hanche deux ans plus tard. Elle s\u2019alimente difficilement \u00e0 cause d\u2019anciens probl\u00e8mes de dents. Elle conna\u00eet des difficult\u00e9s \u00e0 se d\u00e9placer et devient de plus en plus d\u00e9pendante des autres. Elle finit par s\u2019installer \u00e0 l\u2019Ombrellino, plus pratique que Saint-Loup et ses escaliers. Souffrant toujours d\u2019insomnies, elle m\u00e9lange somnif\u00e8res et antidouleurs. Le cocktail la rend hagarde. Elle appara\u00eet outrageusement maquill\u00e9e, lift\u00e9e et permanent\u00e9e. Son apparence et ses affabulations sont un sujet de moquerie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019Ombrellino, les journ\u00e9es se d\u00e9roulent selon un protocole pr\u00e9cis. Violet r\u00e8gne sur une petite cour. Il faut l\u2019amuser et la distraire, sous peine d\u2019\u00eatre banni. Imp\u00e9rieuse, elle ne supporte pas d\u2019\u00eatre contredite. Violet joue les m\u00e9c\u00e8nes, venant en aide \u00e0 de jeunes auteurs, des proches ou des connaissances en manque d\u2019argent. Elle cherche surtout \u00e0 s\u2019acheter un peu de compagnie et d\u2019affection. Ses vieux amis disparaissent, emport\u00e9s par la maladie ou la vieillesse, la laissant toujours plus isol\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au fil des ans, les d\u00eeners qu\u2019elle donne lui paraissent de plus en plus longs et elle se retire dans sa chambre avant la fin de la soir\u00e9e. De toute fa\u00e7on, elle ne mange et ne boit rien. \u00ab&nbsp;Je suis seule&#8230; tellement seule&nbsp;\u00bb marmonne-t-elle lors d\u2019une f\u00eate en 1967. \u00c0 l\u2019automne, 1971, on lui diagnostique une grave infection intestinale. Au cours des derniers mois de sa vie, elle re\u00e7oit ses amis venus lui faire leurs adieux. Ils d\u00e9jeunent dans sa chambre. Violet ne mange pas&nbsp;; elle ne dig\u00e8re plus rien. &nbsp;Fran\u00e7ois Mitterrand fait partie de ces derniers visiteurs. Il se souviendra&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Dans la grande maison persistait la m\u00e9moire de passions singuli\u00e8res dont j\u2019avais per\u00e7u les derniers cris. Je n\u2019avais pas pos\u00e9 de questions \u00e0 Violet, et elle ne m\u2019avait pas fait de confidences.<\/p><cite>Cit\u00e9 dans \u00ab\u2009Violet Trefusis\u2009\u00bb \u00e9crit par C\u00e9cile Wajsbrot, \u00e9d. Mercure de France&nbsp;1989, p. 229&nbsp;&nbsp;<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Violet meurt le 27 f\u00e9vrier 1972. Elle s\u2019\u00e9tait choisi une \u00e9pitaphe tragique&nbsp;: \u00ab&nbsp;elle s\u2019est retir\u00e9e&nbsp;\u00bb. Je lui pr\u00e9f\u00e8re celle qu\u2019elle lan\u00e7ait \u00e0 ses invit\u00e9s pour les choquer et qui t\u00e9moigne de son humour et de son esprit&nbsp;: \u00ab&nbsp;ci-g\u00eet l\u2019immodeste Violette. Croyez bien qu\u2019elle se regrette&nbsp;! \u00bb<sup><a href=\"#footnote_2_1634\" id=\"identifier_3_1634\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"&laquo;&thinsp;Violet Trefusis&nbsp;: a biography&thinsp;&raquo;, &eacute;crit par Philippe Jullian et John Phillips, &eacute;d. A. Harvest\/HBJ Books, 1976, p.144\">2<\/a><\/sup>. Ou encore la fa\u00e7on malicieuse dont elle aimait se pr\u00e9senter&nbsp;: \u00ab&nbsp;une femme <em>d\u00e9class\u00e9e<\/em> qui vit exclusivement dans des demeures <em>class\u00e9es<\/em>&nbsp;\u00bb<sup><a href=\"#footnote_3_1634\" id=\"identifier_4_1634\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"&laquo;&thinsp;Violet Trefusis&nbsp;: a biography&thinsp;&raquo;, &eacute;crit par Philippe Jullian et John Phillips, &eacute;d. A. Harvest\/HBJ Books, 1976, p.138\">3<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">N\u00e9e princesse, Violet s\u2019est pris les pieds dans sa tra\u00eene, comme elle le faisait dire \u00e0 l\u2019un de ses personnages. Sa disgr\u00e2ce l\u2019a fait retomber parmi le commun des mortels&nbsp;: les exil\u00e9s, les r\u00e9pudi\u00e9s, les mendiants de l\u2019amour et les estropi\u00e9s de la vie. C\u2019est ce qui lui conf\u00e8re toute son humanit\u00e9 dont on a si souvent cherch\u00e9 \u00e0 la d\u00e9pouiller.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"571\" height=\"800\" src=\"http:\/\/helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Alice-Keppel-Violet-Trefusis-ne-Keppel.jpg\" alt=\"Alice-Keppel-Violet-Trefusis-ne-Keppel\" class=\"wp-image-1817\" srcset=\"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Alice-Keppel-Violet-Trefusis-ne-Keppel.jpg 571w, https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Alice-Keppel-Violet-Trefusis-ne-Keppel-214x300.jpg 214w, https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Alice-Keppel-Violet-Trefusis-ne-Keppel-14x20.jpg 14w\" sizes=\"auto, (max-width: 571px) 100vw, 571px\" \/><figcaption>Violet et Alice Keppel, fin des ann\u00e9es 1890, photographe inconnu \u00a9 National Portrait Gallery, London (Licence <a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/3.0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">CC BY-NC-ND 3.0<\/a>) <\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour voir des photos de Violet dans la seconde moiti\u00e9 de sa vie, je vous conseille de visiter le site de la <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.npg.org.uk\/collections\/search\/portrait-list.php?search=sp&amp;sText=violet+trefusis\" target=\"_blank\">National Portrait Gallery<\/a> qui poss\u00e8de plusieurs s\u00e9ries de portraits de Violet dans les ann\u00e9es 1947 &#8211; 1952. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;album photo conserv\u00e9 par la <a href=\"https:\/\/beinecke.library.yale.edu\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><em>Beinecke Rare Book and Manuscript Library<\/em> <\/a>de l&rsquo;universit\u00e9 de Yale contient \u00e9galement plusieurs photos de Violet durant les ann\u00e9es 1920 et 1930, ainsi que de nombreux clich\u00e9s de l&rsquo;Ombrellino et de sa vue spectaculaire. <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Image illustrant l&rsquo;article : Florence, photo de <a href=\"https:\/\/unsplash.com\/@jonko?utm_source=unsplash&amp;utm_medium=referral&amp;utm_content=creditCopyText\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Jonathan K\u00f6rner<\/a> sur <a href=\"https:\/\/unsplash.com\/s\/photos\/florence?utm_source=unsplash&amp;utm_medium=referral&amp;utm_content=creditCopyText\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Unsplash<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:59px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<ol class=\"footnotes\"><li id=\"footnote_1_1634\" class=\"footnote\">\u00ab\u2009Violet Trefusis&nbsp;: a biography\u2009\u00bb, \u00e9crit par Philippe Jullian et John Phillips, \u00e9d. A. Harvest\/HBJ Books, 1976, p.128<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_1_1634\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_2_1634\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_2_1634\" class=\"footnote\">\u00ab\u2009Violet Trefusis&nbsp;: a biography\u2009\u00bb, \u00e9crit par Philippe Jullian et John Phillips, \u00e9d. A. Harvest\/HBJ Books, 1976, p.144<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_3_1634\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><li id=\"footnote_3_1634\" class=\"footnote\">\u00ab\u2009Violet Trefusis&nbsp;: a biography\u2009\u00bb, \u00e9crit par Philippe Jullian et John Phillips, \u00e9d. A. Harvest\/HBJ Books, 1976, p.138<span class=\"footnote-back-link-wrapper\"> [<a href=\"#identifier_4_1634\" class=\"footnote-link footnote-back-link\">&#8617;<\/a>]<\/span><\/li><\/ol>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La capitulation de l\u2019Allemagne en mai 1945 n\u2019entra\u00eene pas la r\u00e9ouverture imm\u00e9diate des fronti\u00e8res, et Violet ne peut se r\u00e9installer d\u00e9finitivement en France qu\u2019en octobre 1945. Pour patienter, elle participe \u00e0 des \u00e9missions litt\u00e9raires \u00e0 la BBC. Dans ses m\u00e9moires, elle affirme que ces \u00e9missions radio auraient eu un lien avec la R\u00e9sistance, mais d\u2019apr\u00e8s [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3027,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_titles_title":"Violet Trefusis \u2013 \u00c9pisode 11 \u2013 La ch\u00e2telaine  | Les Faunesses - Le blog d&#039;H\u00e9l\u00e8ne N\u00e9ra","_seopress_titles_desc":"La capitulation de l\u2019Allemagne en mai 1945 n\u2019entra\u00eene pas la r\u00e9ouverture imm\u00e9diate des fronti\u00e8res, et Violet ne peut se r\u00e9installer d\u00e9finitivement en France qu\u2019en octobre 1945. Pour patienter, elle participe \u00e0 des \u00e9missions litt\u00e9raires \u00e0 la BBC. Dans ses m\u00e9moires, elle affirme que ces \u00e9missions radio auraient eu un lien avec la R\u00e9sistance, mais d\u2019apr\u00e8s sa biographe, C\u00e9cile Wajsbrot, ce n\u2019est qu\u2019une \u00e9ni\u00e8me invention de Violet. La ch\u00e2telaine.","_seopress_robots_index":"","_seopress_robots_follow":"","_seopress_robots_imageindex":"","_seopress_robots_snippet":"","_seopress_robots_primary_cat":"none","_seopress_robots_breadcrumbs":"","_seopress_robots_freeze_modified_date":"","_seopress_robots_custom_modified_date":"","_seopress_robots_canonical":"","_seopress_social_fb_title":"","_seopress_social_fb_desc":"","_seopress_social_fb_img":"","_seopress_social_fb_img_attachment_id":0,"_seopress_social_fb_img_width":0,"_seopress_social_fb_img_height":0,"_seopress_social_twitter_title":"","_seopress_social_twitter_desc":"","_seopress_social_twitter_img":"","_seopress_social_twitter_img_attachment_id":0,"_seopress_social_twitter_img_width":0,"_seopress_social_twitter_img_height":0,"_seopress_redirections_value":"","_seopress_redirections_enabled":"","_seopress_redirections_enabled_regex":"","_seopress_redirections_logged_status":"","_seopress_redirections_param":"","_seopress_redirections_type":301,"_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-1634","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-biographies"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1634","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1634"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1634\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3027"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1634"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1634"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1634"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}