{"id":153,"date":"2018-04-20T06:28:36","date_gmt":"2018-04-20T04:28:36","guid":{"rendered":"https:\/\/demo.themegrill.com\/cenote\/?page_id=153"},"modified":"2020-11-13T18:35:41","modified_gmt":"2020-11-13T17:35:41","slug":"a-propos","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/a-propos\/","title":{"rendered":"\u00c0 propos"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\">Ma rencontre avec Natalie Clifford Barney a eu lieu par hasard, gr\u00e2ce \u00e0 cette photo d\u00e9nich\u00e9e au d\u00e9tour du Web. <strong>Quelque chose m\u2019a tout de suite attir\u00e9e et intrigu\u00e9e dans cette image.<\/strong> Je l\u2019ai observ\u00e9e longuement et j\u2019ai fini par comprendre ce qui avait piqu\u00e9 ma curiosit\u00e9&nbsp;: je ne parvenais pas \u00e0 situer ce clich\u00e9 dans le temps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au premier abord, le grain de cette photo en noir et blanc renvoyait \u00e0 un pass\u00e9 ind\u00e9termin\u00e9, et certains d\u00e9tails des v\u00eatements port\u00e9s par le mod\u00e8le lui donnaient une allure un brin d\u00e9su\u00e8te. Cependant la tenue de la jeune femme \u2013 une chemise, une sorte de short et des bas noirs \u2013&nbsp; \u00e9tait assez intemporelle et pouvait correspondre \u00e0 diverses \u00e9poques. Sa coiffure paraissait elle aussi un peu d\u00e9mod\u00e9e, mais ses cheveux d\u00e9nou\u00e9s, indompt\u00e9s et visiblement indomptables, \u00e9taient parfaitement assum\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"974\" height=\"730\" src=\"http:\/\/helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Natalie-fourrure-1.jpg\" alt=\"Natalie-allong\u00e9e-fourrure\" class=\"wp-image-554\" srcset=\"https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Natalie-fourrure-1.jpg 974w, https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Natalie-fourrure-1-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Natalie-fourrure-1-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Natalie-fourrure-1-600x450.jpg 600w, https:\/\/www.helenenera.com\/les-faunesses\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/Natalie-fourrure-1-20x15.jpg 20w\" sizes=\"auto, (max-width: 974px) 100vw, 974px\" \/><figcaption>Natalie Clifford Barney sur sa c\u00e9l\u00e8bre fourure \u00a9 Archives of American Art, Smithsonian Institution.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator deux\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Malgr\u00e9 une \u00e9tude attentive, je n\u2019arrivais pas \u00e0 trancher&nbsp;: cette photo datait-elle des ann\u00e9es&nbsp;1960\u2009? 1980\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Au-del\u00e0 de son apparence, c\u2019est l\u2019attitude du mod\u00e8le qui ne cessait de me fasciner.<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sa modernit\u00e9 \u00e9tait stup\u00e9fiante. Sa fa\u00e7on de se mettre en sc\u00e8ne trahissait un d\u00e9sir de s\u00e9duction \u00e9vident, mais totalement \u00e9tranger au langage de la soumission impos\u00e9 d\u2019ordinaire aux femmes. Ici, ni maigreur affolante ou posture lascive r\u00e9clamant des contorsions grotesques. \u00c9tendu sur sa fourrure, le mod\u00e8le ne c\u00e9dait rien de son myst\u00e8re et de son pouvoir. Cette jeune femme semblait m\u2019observer tout autant que je la contemplais, comme pour me lancer un d\u00e9fi avec une assurance tranquille.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Lorsque j\u2019ai appris que cette photo datait en r\u00e9alit\u00e9 des ann\u00e9es&nbsp;1900, ma curiosit\u00e9 a redoubl\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> Son mod\u00e8le, Natalie Clifford Barney, \u00e9tait alors \u00e2g\u00e9e d\u2019environ vingt-cinq ans. Cette riche h\u00e9riti\u00e8re am\u00e9ricaine est surtout connue pour ses aphorismes et le salon litt\u00e9raire qu\u2019elle a tenu durant cinquante ans dans son pavillon du 20 rue Jacob, \u00e0 Paris. Mais Natalie Barney \u00e9tait \u00e9galement une po\u00e9tesse, une romanci\u00e8re, une f\u00e9ministe, une grande s\u00e9ductrice et une lesbienne qui vivait ses amours tumultueuses aussi librement qu\u2019il \u00e9tait possible de le faire il y a un peu plus d\u2019un si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le pouvoir de s\u00e9duction de cette photo a parfaitement fonctionn\u00e9 sur moi, et j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de relever le d\u00e9fi que me lan\u00e7ait Natalie Barney.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En commen\u00e7ant mes recherches \u00e0 son sujet, je pensais ouvrir une porte sur un jardin secret, charmant mais cern\u00e9 de murs. Au lieu d\u2019un espace clos, j\u2019ai d\u00e9couvert un v\u00e9ritable d\u00e9dale dont je n\u2019ai pas encore trouv\u00e9 l\u2019issue. Car suivre Natalie Barney, c\u2019est faire la connaissance de Ren\u00e9e Vivien, d\u2019\u00c9lisabeth de Gramont, de Romaine Brooks, de Dolly Wilde, de Djuna Barnes, de Lucie Delarue-Mardrus&#8230; et repousser sans cesse la fin de son voyage dans le temps. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Ce blog a pour ambition premi\u00e8re d\u2019entretenir la m\u00e9moire de ces femmes exceptionnelles, \u00e0 la fois pionni\u00e8res et prisonni\u00e8res de leur \u00e9poque.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est une petite pierre dans un \u00e9difice collectif : une entreprise commune de pr\u00e9servation de la culture et de la m\u00e9moire lesbiennes. Car les informations au sujet de ces femmes sont rares, dispers\u00e9es, parfois difficilement accessibles. Lorsqu\u2019elles \u00e9taient autrices, leurs \u0153uvres sont souvent \u00e9puis\u00e9es. Pour certaines d\u2019entre elles, leur unique biographie remonte \u00e0 trente ou quarante ans. Si l\u2019\u00e2ge de ces ouvrages ne remet pas en cause leur qualit\u00e9, le regard port\u00e9 sur la psychologie et la sexualit\u00e9 de leurs sujets d\u2019\u00e9tude a bien besoin d\u2019\u00eatre d\u00e9poussi\u00e9r\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Il est probable que ce blog devienne rapidement un objet litt\u00e9raire. <\/strong>Sa conception et sa r\u00e9daction soul\u00e8vent de nombreuses questions&nbsp;: comment \u00e9voquer la m\u00e9moire de ces femmes souvent invisibilis\u00e9es de leur vivant et oubli\u00e9es avec une promptitude suspecte apr\u00e8s leur mort\u2009? Par o\u00f9 commencer\u2009? Comment restituer des voix dont on ne per\u00e7oit plus qu\u2019un \u00e9cho lointain, brouill\u00e9 par le temps, les pr\u00e9jug\u00e9s, l\u2019homophobie et le sexisme\u2009? Aujourd\u2019hui encore, leurs h\u00e9ritiers, leurs ayants droit ou certains de leurs biographes continuent parfois \u00e0 nier leur lesbianisme ou \u00e0 tenter de minimiser l\u2019importance de leur identit\u00e9 sexuelle dans leur vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La tentation est grande de faire appel \u00e0 la fiction pour combler les silences, les correspondances perdues ou br\u00fbl\u00e9es, les souvenirs \u00e9teints en m\u00eame temps que les derniers t\u00e9moins qui auraient pu nous \u00e9clairer. Le travail documentaire sera cependant toujours bien distinct de la fiction afin de ne pas cr\u00e9er de confusion.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Sur ce site, vous trouverez donc des biographies ainsi que des articles th\u00e9matiques qui dresseront peu \u00e0 peu une s\u00e9rie de portraits, au fil de mes avanc\u00e9es et de mes d\u00e9couvertes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Bonne lecture !<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ma rencontre avec Natalie Clifford Barney a eu lieu par hasard, gr\u00e2ce \u00e0 cette photo d\u00e9nich\u00e9e au d\u00e9tour du Web. Quelque chose m\u2019a tout de suite attir\u00e9e et intrigu\u00e9e dans cette image. 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